Allocution de Abdulaziz M. AL-YAHA , Ahmed Hany MAHFOUD et Semsettin UGURLU
au nom de la communauté musulmane
texte lu par Biran TIG.

Introduction par Semsettin Ugulu

Mesdames et messieurs,

Notre présence ici, aujourd’hui, est un grand pas hors de soi et hors de ses certitudes ; elle est une sorte de transcendance de nos passions, qui vise à rencontrer d’autres sensibilités et d’autres nuances ; et d’expérimenter ensemble un inter-être, généreux et intelligent.
Autrefois, au petit matin de l’Islam, c’est une jeune dame qui était seule gardienne des originaux du texte sacré : le Coran, un geste confiant qui a couvert toute sa vie.
En mémoire de ce geste rebelle et noble, c’est par la voix d’une jeune fille que la famille musulmane choisit aujourd’hui, de présenter ses vœux de bonheur et d’entente mutuelle.
Je vous souhaite une bonne écoute.

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les représentants de différents cultes et philosophies,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Nous sommes très honorés d’être présents aujourd’hui parmi vous pour vivre ensemble cet évènement historique dans le cadre du dialogue interreligieux, dont chaque jour nous rappelle combien il est primordial dans notre société.

En effet, le dialogue interreligieux et interculturel est une nécessité pour bâtir ensemble le monde de fraternité ardemment souhaité par tous les hommes et les femmes épris de Justice, de Paix et d’Excellence.

La Paix, - Es salam en arabe - revêt une grande importance dans la religion musulmane. Elle est prononcée à chaque rencontre avec autrui « Assalâmou ‘aleykoum », que la Paix soit sur vous. Bien plus qu’une simple salutation, c’est un message de Paix Universelle qui s’adresse à tous.
Depuis les premiers temps de l’Islam, en passant par l’Andalousie et jusqu’à nos jours, les musulmans ont toujours entretenu de nombreux échanges avec les autres religions, cultures et civilisations.
Visant un inter-être digne des humains, il invite à plus qu’une coexistence pacifique de simple voisinage, en sollicitant une interconnaissance active, profonde et transcendante, qui considère nos différentes sensibilités comme une source de richesse et un trésor humain plein d’espoir.

Le dialogue, tel que prôné par l’Islam, vise des objectifs d’une grande envergure : faire tomber, d’une part, des murs d’incompréhension entre les différentes nuances humaines ; d’autre part, il conduit par les vertus de la comparaison positive, nullement concurrente ou polémique, à une meilleure connaissance de Dieu, source de toutes nos richesses. Or cette entreprise noble ne peut se faire sans une meilleure connaissance de soi-même. Tout cela est assuré par cet échange respectueux qui présuppose une capacité d’écoute mutuelle et attentive. Mais le dialogue a, en plus, une autre vertu qui n’et pas moins essentielle : établir un état de lieu des convergences qui nous rassemblent et des divergences qui nous dispersent ; cet état de lieu pourra donner lieu à des actions concrètes et communes ; les convergences seront protégées par des accords internationaux quant aux divergences nous apprendrons à les gérer d’une manière intelligente et généreuse.
Ces valeurs essentielles sont réunies dans un texte d’une grande clarté :
« Humains, Nous vous avons créés à partir d’un même homme et d’une même femme, Nous vous avons groupés en peuples et tribus afin que vous vous entre-connaissiez, le plus honorable parmi vous, au regard de Dieu, est celui qui se dote du meilleur cœur » 49/13
Le premier volet de ce texte fondamental affirme l’unité humaine à l’origine ; le deuxième souligne le contour du projet de Dieu sur les hommes : il les appelle à mériter cette unité en la recréant à partir de leurs groupements alors que le troisième insiste sur la noblesse du cœur dans la réalisation de cette humanité.
Mais pour réussir cet objectif, il y a une condition primordiale et incontournable qui consiste à protéger le droit de chaque individu à la liberté de pensée et de religion. Le Coran déclare :
«Pas de contrainte en matière de conviction religieuse, la Vérité se distingue par elle-même de l'Erreur. » 2/256.
Les musulmans s’emploient à développer les meilleurs rapports sociaux avec ceux qui ne professent pas leur foi. La bonté, la charité, la piété et l’équité, ainsi que toute valeur transcendante, sont censées animer le cœur du musulman lorsqu’il rencontre ses frères humains.
À partir des valeurs universelles communes auxquelles adhère l’Islam, et dans un contexte de diversité et du pluralisme interactif, nous nous invitons à nous doter de tous les moyens concrets et tangibles, nous permettant de surmonter les problèmes que traverse notre société contemporaine.
Nous souhaitons que ce dialogue perdure entre nous, afin que nous puissions transmettre aux générations futures ce merveilleux message universel de fraternité et de paix porté par tous les êtres épris d’humanisme.

Merci.