Approche musumane

L'EAU

« Nous avons désigné de l'eau toute chose vivante »
(Coran sourate 21, verset 30)

par Semsettin UGURLU
Ahmed Hani MAHFOUD
Dr Fareed Alkhotani, directeur du Centre islamique

Indispensable à l’éclosion de la vie et à son maintien au sein des écosystèmes aquatiques et sur les continents, nécessaire à nombre d’activités et de réalisations humaines, l’eau est une substance essentielle à la survie et au développement de l’humanité.

Le Coran met en garde contre la gestion irréfléchie des hommes qui consiste à gâcher et à gaspiller les ressources naturelles, considérant que renier l’œuvre de Dieu revient à renier Dieu Lui-même.
Le Coran insiste beaucoup sur deux éléments de bases : La création de l’univers et de la nature et la révélation divine.

Or, il n’y a pas de création sans révélation et c’est la révélation qui donne tout son sens à la création sinon la création serait un pur jeu. Cette relation intime entre la création et la révélation fait que le musulman est appelé à respecter l’un et l’autre et à déchiffrer leurs codes respectifs afin d’améliorer son présent et son avenir.

La nature est pour l’Islam un musée chargé de merveilles que le Cora appelle « signes » ou « miracles cosmiques ». Sur ce superbe musée, le musulman est chargé de veiller à vivre en harmonie avec la nature en la comprenant et agissant selon ses propres lois.

L’Islam développe trois attitudes essentielles:
- La première se traduit par la formule soubhanallah, Gloire à Dieu : Formule qui exprime l’émerveillement spontanément devant chaque merveille découverte**. Gloire à Dieu car les merveilles découvertes sont un passage sans rupture de la création au créateur. Ici, Il n’y a pas lieu de crier eurêka ou gloire à l’homme par qui la découverte a été faite. Celui-ci ne fait que « révéler » l’œuvre de Dieu. Nous appellerons cette formule : la formule de l’étonnement permanent et de la contemplation.
- La deuxième formulation al-hamdou li’llah, louange à Dieu, pointe le mérite qui revient à Dieu qui inonde le monde par sa Générosité et sa Grâce. L’attitude de remerciement implique un sentiment profond de gratitude envers le Seigneur mais aussi un respect religieux de Ses dons et bienfaits. C’est la formule de la louange.
- Ensuite c’est la formule Allahu akbar, Dieu est encore plus grand. C’est la formule d’ouverture et de disponibilité. Dieu est plus grand, plus grande est Son œuvre. Elle rend l’homme disponible à chercher plus de découvertes et plus de merveilles dans ce musée inépuisable. Aussi, la grandeur de Dieu relativise les hommes et les rapproche les uns des autres et les aide à s’accepter et à se respecter. Cette attitude pieuse et humble devant l’œuvre du créateur est essentielle et contraste avec des attitudes de triomphalisme injustifié.
C’est la formule de l’humilité et de l’ouverture.
Les musulmans s'attacheront aux aspects de la pureté rituelle de l’eau (incolore, inodore et sans goût) qui est, selon la conception islamique purifiante. Cette fonction purificatrice de l'eau ne s’applique pas seulement à l’hygiène de l’extérieur du corps mais aussi à la purification de l’intérieur (l’âme) de l’homme pour lui permettre de prier autant avec son corps qu’avec son âme. L'eau, est inaliénable, c’est un bien universel que l'homme doit partager avec tout être vivant. Une injonction coranique ordonne de ne pas consommer l'eau outre mesure. Le Messager a réaffirmé, a plusieurs reprises, les dispositions divines relatives à la communauté de toutes les eaux entre tous les hommes.

Indépendamment des situations hydrologiques de certaines régions du monde semi-désertiques où le problème de l'eau est crucial et récurrent, l’islam a adopté une position de principe consistant à utiliser cette précieuse ressource avec parcimonie même si elle était abondante. Autrement dit, selon la conception de l'économie islamique que l'abondance d'un bien n’autorise pas un comportement dispendieux.

Je termine mon intervention par la traduction d’un verset coranique et d’une parole prophétique :
« Et tu vois la terre inerte, Nous y envoyons de l’eau et voilà qu’elle se met à se secouer, à se développer et à laisser pousser toute chose égayante » (Coran sourate 22, verset 5)

« Si l’un d’entre vous était surpris par l’apocalypse final alors qu’il allait planter un arbuste dans le sol, qu’il plante quand même son arbuste dans le sol » Quoi de plus beau que cela : le respect de la nature ne doit pas tenir compte seulement de l’intérêt économique que cette action représente ; il aide à « forger » une attitude d’humilité, de respect et d’honorification de l’œuvre de Dieu. Merci.

20 septembre 2012