Une grande lame de fond, une lame d’humanité,
a déferlé ce 30 avril et 1 mai 2012…
vivifiante, elle témoigne qu’un autre monde est possible.

Un rêve possible grâce à l’accueil de la direction et de l’équipe d’encadrement de l’Institut Decroly qui a ouvert « ses portes » au projet de l’eau pour la réalisation d’une peinture murale collective par de jeunes d’écoles et d’horizons différents.

Ce projet se situe dans le cadre de la Campagne de l’eau à l’initiative des responsables religieux de Belgique (BCRL) et qui est adressée à tous les jeunes de 5 à 18 ans .

Cela a commencé mercredi 27 avril à 10h dans le préau de l’Institut Decroly . Monsieur Slimani, directeur de secondaire, soutenu par Monsieur Sylvain Liqua, directeur général, a plongé dans le projet, entrainant à sa suite l’enthousiasme de l’équipe. Les vannes étaient ouvertes…ouvrir un espace dans son établissement pour que des jeunes de Flandres, de Wallonie et de Bruxelles, des musulmans, des chrétiens, des juifs, des hindous et des non religieux puissent se retrouver ce 30 avril et le 1 mai 2012.

Le but étant de permettre à des jeunes d’horizons différents sur le plan culturel, social, religieux et philosophique de lancer à travers une murale- peinture collective, un appel en faveur de

 
l’eau source de vie- un bien commun
à économiser, à protéger et à partager.

Ce même jour, Cruyplandts offrait 10 pots de peinture et une belle réduction était accordée lors de l’achat de la toile.

Entretemps, une équipe sous la conduite d’Olivier, s’activait pour étudier la fixation d’une toile de 10 mètres de long sur 2 mètres de haut. Il fallait aussi préparer brosses…seaux.. bâche..
Les professeurs entamaient une réflexion sur la problématique de l’eau avec leurs élèves, rencontraient leur désirs –libéraient leur local.

Le lundi 30 avril sous le regard médusé des étudiants, c’est une toile majestueuse qui trônait dans le préau invitant les jeunes à exprimer leur appel pour la protection de l’eau comme droit et comme devoir !

Et la magie se produisit.

Des jeunes de l’Institut auquel virent se joindre des jeunes d’autres écoles du pays se rassemblèrent autour de Charline Mahy, peintre belge.
Mehdi, Marconi, Jeffrey, Yolande, Abhay, Theo, Gaynia, Medina, Otman, Yaël, Saswati, Riti, Diego … Ils exprimaient dans un même élan, chacun avec « sa sensibilité », de 5 à 15 ans, la valeur de l’eau !


Plus qu’une aventure… comment décrire ces moments où tous, jeunes et adultes animés par cette « foi en l’humanité » se dépassaient pour donner le meilleur de soi-même ?

Le résultat fut atteint : un profond respect de l’autre –différent ».

Une œuvre murale, magistrale qui peut à présent porter au fil de l’eau.. au fil des écoles… des lieux publics… des médias… porter aux responsables politiques et religieux, aux médias, à la société civile le message des jeunes en valeur d’une meilleure gestion de l’eau pour tous !

C’est un projet qui va à la rencontre de celui de notre institution aussi bien que des préoccupations sociales, environnementales que pédagogiques. Un projet comme celui-ci ouvre un avenir pour nos élèves en difficulté » nous dit le directeur Monsieur Slimani.


« Nous avons été très étonnés de voir avec quelle rapidité, toute l’équipe s’est engagée dans ce projet. Pouvez-vous nous donner la clé de cette générosité » ?

C’est en mon sens l’esprit même de Decroly ; celui de la laïcité dans son sens plein ! Un accueil et un profond respect de chacun, quelle que soit sa conviction religieuse ou non. Tous sont reconnus et peuvent exprimer leur foi quelle qu’elle soit » poursuit Monsieur Slimani.
La symbolique de l’eau est importante dans son sens premier aussi bien que dans son sens religieux . Au-delà de l’aspect religieux, l’aspect social est extraordinaire. La problématique fait partie des préoccupations actuelles de tous. L’eau comme bien commun à protéger pour notre survie à tous.

Ce projet de l’eau est la pointe de l’iceberg ! sa finalité réside dans « l’ouverture au monde ».

L’homme/ la femme sont par nature des êtres de relations. « Je » suis en fonction du regard que « tu » portes sur moi, nous dit Albert Jacquart. En effet, comme l’eau, le regard, le geste, la parole peuvent donner la vie !


« A mon sens on peut classer les individus, les collectivités en deux catégories» nous dit Lord Alderdice le 8-2-2012 à la Chambre des Lords à Londres.
• Prédisposition à la fermeture
Le type de fermeture, qui repose sur la méfiance, la peur, relève le négatif, demande des garanties- exclut.. se protège…
Frustrés-ressentant un rejet de l’exclus- des êtres s’enferment sur eux-mêmes, s’isolent. Le repli identitaire est des foyers de peur – de destructions- de violence - de haine- de terrorisme ! On peut dire que ce sont des trous noirs pour l’individu, pour la communauté, pour la société !

• Prédisposition à l’ouverture.

Nous notre attention doit se porter sur l’éducation à l’ouverture !
Eduquer à l’ouverture c’est avant tout un état d’esprit, ensuite une attitude !
Rachid, Kalifa, Aïcha, Joseph, Corinne (éducateurs à Institut Decroly), Agnès (fondatrice du Fonds Parvati) Ecaterina, Bra’ha, Malati, Sabine (femmes de foi du BWFN ) en sont des exemples vivants !
Ces personnes pratiquent : l’accueil de la personne, des circonstances, la bienveillance, la confiance…la sérénité- ; elles prennent des risques « calculés »… … elles tendent la mains aux exclus, aux rejetés.. elles n’ont pas peur de l’inconnu !

Chaque rencontre est une aventure, chaque personne est un « cadeau » pour l’autre ; une situation difficile permet d’engendrer une réflexion, un comportement positif nouveau !

Ces quelques jours ont été une illustration vivante qu’un autre monde est possible !

Eduquer à l’ouverture- c’est dépasser l’identité, l’altérité de proximité pour une ouverture au monde et un engagement pour notre famille humaine.

Yolande iliano
3-5-2012